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Bolivie - la ou le ciel n'est plus tres loin Le dernier bout qui nous separe de la Bolivie nous fait passer a travers la vallee d’Humahuaca (protegee par l unesco). Les villages que nous traversons sont dotes de belles maisons coloniales. Dans un des villages nous rencontrons Gwen et Huw, en tandem, et retrouvons Thomas et Rob. Gentillement nous montons vers notre dernier col avant la Bolivie. Un dernier haut-plateau a traverser et nous voila a la frontiere. C’est donc en compagnie de 4 cyclistes que nous passons la douane : un pont relie les deux postes de douanes. Nous restons figes. Des centaines de boliviens, charges d immenses fardeaux, traversent la douane. Une vraie fourmiere. Entre eux, beaucoup d’enfants, de femmes agees. Nous nous demandons ce qui se passe et apprenons que toutes les marchandises provenant d’Argentine traversent la douane de cette facon-la, c’est moins cher que de payer les taxes pour les camions ! Nous voila donc des le premier instant dans la dur realite de la vie de beaucoup de boliviens. Les femmes sont toutes habillees de la meme facon : jupe avec jupons, gros colants, chapeau style anglais et deux longues tresses qui se rejoignent dans le dos. Dans leur dos elles portent leur enfant dans de tres beaux tissus. Sur le marche, nous goutons les legendaires jus de fruits boliviens, presses a l’instant. Le lendemain, nous repartons, vers Tupiza. Adieu l asphalte ! Tupiza est une tres bien situe, au milieu de canyons rouges. Nous restons quelques jours a visiter ceux-ci. En sortant de la ville, nous tombons sur un barrage : les paysans de la region barrent la route et les voies de chemin de fer. Le nouveau gouvernement n a toujours pas repondu a leur demande : ils n ont toujours pas d electricite dans leur village ! Nous nous approchons et sommes soulages de voir qu’ils n’ont pas l’intention de nous empecher a traverser. Par contre ils veulent savoir d’où nous venons, ou nous allons, pourquoi, comment, ….Apres avoir repondu a toutes ces questions nous continuons sur la voie de chemin de fer. Eh oui, c’est la meilleure route pour cyclistes ici ! Pour arriver a notre prochain but, Uyuni, nous devons passer un grand col. Tres lentement nous gagnons de l altitude, ont est quand meme deja a 3500m ! D ailleurs nous sommes munis d un gros sac plein de feuilles de coca que nous chiquons en grimpant. Une fois arrives au col, nous appercevons deja le prochain…et ainsi de suite. C’est sans fin. En plus, l altitude nous ralentit considerablement. C est ainsi que nous necessiterons presque trois jours pour faire 80km ! Avant d’arriver au prochain village la route se termine tout d’un coup dans un lit de riviere ! Heureusement, nous appercevons la voie de chemin de fer et rentrons donc dans la petite ville miniere d Atocha par celle-ci ! Entre-temps l hiver approche, les nuits sous la tente deviennent de plus en plus dures. Non seulement l eau des gourdes est totalement gelee, mais il faut se mettre dans le sac de couchage des que le soleil s est couche, sinon il fait trop froid. Nous nous endormons donc en general vers 20h00 ! C est pourquoi nous essayons de dormir dans les ecoles des villages quand nous le pouvons. Cela cree aussi des contacts avec les gens et comme ca nous nous retrouvons a jouer au basket avec des gamins ou a parler a des mineurs. Les derniers 70km vers Uyuni nous devons les faire en bus ; Miriam est tombee malade et le prochain wc se trouve a Uyuni ! D’Uyuni nous partons pour un tour de 5 jours sur le grand salar ( mer de sel) qui se trouve sur l altiplano bolivien ( 3670m)! Gwen et Huw nous accompagnent. Le premier soir nous dormons au mileu de salar ; nous plantons nos tentes avec des clous, tellement le sel est dur ! Le spectacle du coucher de soleil sur le salar blanc est une experience inoubliable. Par contre nous y passons la nuit la plus froide de notre voyage ! Nous passons aussi une journee sur une ile, situee au milieu du salar. C est la que nous fetons l anniversaire de Miriam avec quelques tequillas, le sel n etant pas loin ! Du salar nous partons vers Potosi. La route qui nous amene nous epuise jusqu a nos dernieres forces : les montees a plus de 4300m se succedent sans fin. La route est une vraie plage, les nuits sont gelees ! Finalement, la ville est devant nous, ou plutot au-dessus de nous (a 4050m) ! Imposante, au pied du cerro rico (montagne), qui resplendit dans toutes ses couleurs ! Potosi, longtemps le synonyme de richesse, est aujourd’hui une ville pauvre dans un pays pauvre. Et dire que c est ici que se trouvaient les plus grandes mines d argent du monde ! Mais bon, les espagnols ont tout emporte et l’Europe en a beaucoup profite. Reste une ville aux maisons coloniales impressionantes et une population de mineurs qui travaille presque sous les memes conditions qu il y a 400ans. Ils en extraient aujourd hui surtout de l'etaing. L histoire triste et fascinante de cette ville nous a beaucoup interesse et nous y sommes restes quelques jours. Sur une magnifique route asphaltee nous sommes descendus d' environ 2000m vers la capitale de la Bolivie, Sucre (non, ce n est pas La Paz) ! Le doux climat de Sucre nous a tout de suite plu, est nous avons decide de rester une semaine, prendre un cours d espagnol et savourer la chaleur !!! Que ca fait du bien ! La foret vierge n est plus tres loin, le marche est plein de fruits tropiquaux, c est le bonheur !
Du premier col, nous apercevons deja, au loin, les nuages qui tronent au-dessus de la partie tropicale de la Bolivie. Plus que quelques cols a passer. Apres 5 jours de montees/descentes sur une route en pavements - magnifique dans le paysage, mais affreux a rouler - nous voila au dernier col. D'un coup, la rupture. A 50km/h nous plongeons dans la foret tropicale! Le silence de l'altiplano fait place aux bruits de divers animaux. Les plantes sont gigantesques, apparaissent les premiers bananiers, perroquets, ... nous sommes eblouits. Pendant des heures nous descendons, traversons d'epaisses couches de nuages. Nous enlevons une couche d'habit apres l'autre. En fin de journee nous dormons dans une ecole et faisons connaissance avec les feroces moustiques du coin. Mais ce soir-la, rien ne peut perturber notre bien-etre. Pour la premiere fois depuis longtemps, nous pouvons manger dehors apres le coucher de soleil sans avoir froid. La route nous amene ensuite au port "Puerto Villaroel", ou nous comptons prendre le bateau jusqu'a "Trinidad". Ce parcours sur la riviere "Marmore", traverse de la foret tropicale assez intacte. Le bateau que nous voulions prendre ne part que dans une semaine. Que faire? Finalement, nous rencontrons un pecheur, Chuso, qui veut bien nous amener a "Trinidad" sur son petit bateau de pecheur. Quelle chance! Nous embarquons donc le lendemain avec Jose et Monica, deux espagnols, Chuso et sa femme Juddy, ainsi que leurs deux enfants Juan et Rachela. Ce voyage s'avere une experience unique sur deux niveaux; d'un cote, nous voyons pleins d'animaux sauvages (dauphins, crocodiles, tortues, perroquets...), allons ceuillir des pamplemousses, bananes et du manioc dans les communautes d'indigenes, la nuit nous observons les yeux rouges des crocodiles et campons un peu plus loin sur la plage.... De l'autre cote, nous faisons connaissance de cette famille de pecheurs, apprenons tout sur leur vie, leur problemes, leur facon de penser et de voir les choses. Nous sommes impressiones de leur capacite d'improviser, de se debrouiller sans grands moyens. Mais nous sommes aussi choque de leur manque de connaissances et de leur pauvrete. Nous passons des journees inoubliables en leur compagnie. Les adieux sont emouvants. Nous, nous partons pour d'autres horizons, d'autres aventures, tandis qu'eux vont suivre leur bataille quotidienne. Mais que pouvons nous faire, mise a part quelques cadeaux? La foret vierge vire a la savanne. Le long de la route, dans les lagunes, nous observons une quantite incroyable de crocodiles. Quand nous nous arretons dans de petit villages, on nous offre des pamplemousses a "chupar"(sucer). A "San Borja", quasiment au pied des Andes, nous retombons malades. Nous faisons une pause pour reprendre des forces pour la grande montee, qui doit nous amener a "La Paz". Nous entamons donc la montee. Il pleut a verse, Philippe se fait mal au pied, son estomac rebelle a nouveau, les vitesses du velo a Miriam ne fonctionnent plus. Deprimes, nous campons au bord de la route. La nuit se passe mal .L'etat a Philippe s'agrave et le lendemain notre tente se trouve dans une immense flaque. Ce ne sont pas des conditons adequates pour notre entreprise de passer un col a 4700m. Nous devons abandonner et c'est donc en bus que nous rejoignons "La Paz". Apres quelques jours de repos, Philippe est a nouveau en forme. Nous reparons nos velos et nous rendons compte qu'une piece importante du velo a Miriam c'est cassee durant le trajet en bus. C'est la que nous rencontrons un cycliste suisse, avec le meme velo que nous, et qui fini justement ses vacances. On lui achete donc la precieuse piece...ca, c'est du bol! Dans quelques jours nous repartirons pour le "Lago Titicaca", ancien reve, si proche maintenant. Mais c'est surement avec un petit pincement au coeur que nous quitterons la Bolivie!
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